07 février 2009
Back in France. For sure.
Et voilà. Mon séjour en Erasmus touche à sa fin. Je ne vous bassinerai pas en disant que c'était la plus belle période de ma vie, que c'était inoubliable et bla bla, comme c'est la norme quand un étudiant rentre au bercail après 6 mois à se saoûler la tronche aux frais de l'Union Européenne.L'Union Européenne justement. C'est plutôt ça dont je voudrais parler. Erasmus représente à mes yeux l'un de ses plus beaux succès, et en me penchant un peu sur le reste du programme Jeunesse en Action de la Comission Européenne, je constate que le programme d'études n'est qu'un tout petit morceau de ce qui est à notre disposition. Et ça me donne envie d'étudier et de travailler pour faire avancer la belle machine de l'Europe.
L'autre avantage d'aller vivre à l'étranger quelques temps quand on est si jeune: on approche tout ce que l'on rencontre sous un angle différent, plus large, sans même plus s'en rendre compte. En cette période de revendications et de protestations pour sauvegarder une Université gratuite, laïque et surtout publique, je ne peux pas m'empêcher d'éprouver un peu de pessimisme. Quand les frais d'inscriptions sont passés en Allemagne de 100 à 600 euros par semestre, les protestations des étudiants n'ont pas servi à grand chose. Quand je vois mes amis anglais qui à 21 ans, en 3e année, ont déjà un emprunt de 12 000 livres sur le dos mais ne pensent même pas au moment où ils devront les rembourser, parce que de toute façon c'est comme ça, ça me donne des frissons. Quand un ami français se présente en disant qu'il est en histoire ou en psycho et la première réactions des étudiants étrangers quand il s'en va est de dire « mais pourquoi il étudie la psycho? », « ça c'est bien un truc que je ferais pas, quelle perte de temps », ou « qu'est ce que tu peux avoir comme job avec un truc pareil ? »; je me sens révoltée, mais finit par me rendre compte que nous somme sans doute une exception. « L'exception française ». Nous sommes fiers de ne pas être des clients qui payons chaque année pour un service. Notre culture du peuple au pouvoir et de la protestation nous donne un avantage sur les étudiants d'autres pays. Mais jusqu'à quand? Jusqu'à quand allons nous privilégier la culture du savoir, pas comme en Allemagne où dans la plupart des Länder les enfants sont orientés dès l'âge de 9 ans, vers des écoles « technologiques » si ils n'ont pas d'assez bonnes notes, ou au Royaume-Uni où l'équivalent du bac se compose de 5 matières au choix (du genre anglais-sport-une langue-maths-histoire) sur lesquelles tu bosses pendant un an pour avoir l'examen et où la plupart des jeunes de 20 ans n'ont souvent pas un soupçon de culture, d'esprit critique, et je ne parle pas de conscience politique. Oui je crois que nous sommes l'une des exceptions et que même si le monde ne voit pas ça comme une chose positive (regardez le nombre d'étudiants que les Universités françaises accueillent chaque année comparé à celui de la Belgique, du Royaume-Uni ou même de nos grandes écoles, c'est attristant).
Et bien je crois que ça vaut la peine de se battre pour rester un des seuls pays où les jeunes ont encore les moyens, et surtout l'envie d'apprendre et de se cultiver, où les étudiants sont considérés comme l'avenir du savoir et de la connaissance et pas comme des futurs employés. A l'heure où les mentalités, les styles de vie et les cultures se mondialisent, ça ne va pas être évident.
Alors au boulot tout le monde, rassemblons nos forces et nos cerveaux une fois de plus, peut-être que cette année sera la bonne.



