Léa in the sky

Le blog des merveilles

03 novembre 2009

Retrouvailles


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Une note palpable de Prévert dans mes mots ce soir.
Parce que j'ai redécouvert il y a peu sa simplicité, et la belle humilité de sa poésie.


Ce n'est pas pour les oiseaux
Pas pour le soleil pas pour les îles
Ni pour le vent la mer et leurs rengaines brouillées

Ce n'est pas pour les couleurs de tes tableaux
La violence de ton regard
Ni pour tes mains pleines de promesses avides

Pas pour l'Automne des bords de Loire
Ni pour les murs jaunis des maisons de Venise
Ou ta façon de faire semblant de ne pas m'aimer

Ce n'est pour rien de tout cela
Que j'écris.


Nantes, promenade pluvieuse quartier Graslin, Novembre 2009

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21 octobre 2009

Octosyllabus


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Les balcons de Paris

 


Abritent des femmes d'un autre temps.

Elles sont riches. L'une fait danser ses amies, en jouant les valses de Chopin.

Elles sont grosses. Prennent des airs d'Antiquité. Mangent dans une coupe dorée.

Elles sont vieilles.


Demain matin place des Vosges, enveloppées dans leur manteau, elles s'en iront.


Parfaire les boucles de leurs cheveux

Lisser le contour de leurs yeux

Et là attendront qu'il fasse noir

Pour recommencer leur manège

Tout au fond d'un salon miteux,


Elles s'inventent des nuits de gloire.



Nantes, un dimanche gris, Octobre 2009.

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19 août 2009

Proust copié et recopié

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Merci Marcel d'avoir trouvé un passe-temps aux gens pour leur permettre de parler de soi sans passer pour des narcissiques! Un questionnaire de Proust sur un blog, c'est tout sauf original, certes. Mais un commentaire récemment me disait que j'étais presque anonyme. Alors voilà.




Quel est pour vous le comble de la misère ?  Ne plus pouvoir penser

 

Où aimeriez-vous vivre ? Près de la mer


Votre idéal de bonheur terrestre ? Arriver à se sentir pleinement heureux chaque jour

 

Pour quelles fautes avez-vous le plus d’indulgence ? Les plus blessantes

 

Quels sont les héros des romans que vous préférez? Souvent des femmes

 

Quel est votre personnage historique préféré ?
Henri VIII car il a du culot, Ludwig Van Beethoven car c'est mon meilleur ami

 

Vos héroïnes favorites dans la vie réelle ? Ma mère (oui je sais très original), Amma

 

Vos héroïnes dans la fiction?
Alice et son pays des merveilles, car il est encore mieux que le mien

 

Votre peintre favori ? Van Gogh

 

Votre qualité preferée chez l’homme ? Une jolie voix grave

 

Votre qualité préferée chez la femme ? L'élégance

 

Votre vertu préférée ? L'humilité

 

Votre occupation préférée? Rêver

Qui auriez-vous aime être ?
Personne d'autre que moi, sinon je serais autre chose
. Ah si, un pirate!

 

Le principal trait de votre caractère ? La curiosité

 

Ce que vous appréciez le plus chez vos amis ? Leur simplicité

 

Votre principal défaut ? L'exigence

 

Votre rêve de bonheur ? Le Voyage

 

Quel serait votre plus grand malheur ? Perdre une faculté physique

Ce que je voudrais être?
En harmonie avec moi-même, après on verra.

La couleur que je préfère? En ce moment, le vert


La fleur que j’aime ? Les jonquilles

 

L’oiseau que je préfère ? Le perroquet

 

Mes auteurs favoris en prose ? Le Clézio, Pagnol, et tant d'autres

 

Mes poètes favoris ? Beaudelaire, Prévert

Mes héros dans la vie réelle ? Ils changent au fil des renontres

 

Mes héroines dans l’histoire ? La première femme d'Henri VIII, car elle a bien dû se taper la honte, quel courage

 

Mes noms favoris ? Joana, Raphaël

 

Ce que je déteste par dessus tout ? Ce soir, mon banquier

 

Caractères historiques que je méprise le plus ?
Ariel Sharon, Louis XIV, Margaret Thatcher, Alexander the Great ?


 

Le fait militaire que j’admire le plus ? Je n'ai pas le souvenir d'avoir jamais admiré un fait militaire. Cette question date du temps de Marcel, pas du mien, tss.

 

La réforme que j’admire le plus ? Aucune, ou trop, ou toutes, je ne sais pas

 

Le don de la nature que j’aimerais avoir ?
Voler, descendre un peu, piquer,  remonter, planer, tourbilloner dans le ciel

 

Quelles sont les paroles de chansons qui vous touchent le plus ? Léa, elle est passagère, elle est pacifiste, elle est pas d'accord, elle est passionnée. (Aah le pseudo égocentrisme des blogs, j'adore ça)

 

Quel personnage contemporain trouvez-vous le plus humain ? Celui qui, comme moi, trouve que se mettre à quantifier l'humanité des humains est alarmant pour la race humaine

 

Quelle personnalité aimeriez-vous rencontrer et que lui diriez-vous ? Le Clézio, pour le féliciter de ses merveilles et lui demander si il ne veut pas s'essayer à la poésie pour moi. Et Hergé pour lui demander qui lui a inspiré le captain Haddock, car quand même, c'est du génie.

 

Qu’aimeriez-vous que Dieu vous dise lorsque vous serez face a lui? Rien, en général quand j'arrive dans un endroit inconnu c'est moi qui parle en premier

 

Comment aimeriez-vous mourir ? Sans avoir peur ni me sentir coupable

Etat présent de mon esprit ? Fatigué et confus

 

Ma devise ? J'aaaaaai l 'teeeeeemps

 

 

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12 juillet 2009

Le sommeil du deuil.

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LORSQUE L'INSPIRATION NE VIENT PAS, CE N'EST PAS LA PEINE DE SE FORCER.PEUT ETRE QU'UN JOUR UN TEXTE APPARAITRA ICI DE NOUVEAU. PEUT-ETRE PAS.

Congleton, 13 Juillet 2009

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14 juin 2009

Epistolaire II


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La suite


C'est Maria. Etonnant que je lui aies donné ce nom là. Maria va venir, de Rome, pour s'occuper du jardin. Le jardin est immense. C'est un peu la première fois que je commence un projet sans l'abandonner. Maria est belle. Elle aime le vin et le rouge à lèvres, et dormir avec moi. J'ai fini par repeindre la cheminée en vert, comme tu n'es pas venue. Le Safari n'existe plus, ils ont installé une bijouterie à la place. [...]

Je prépare mon départ vers Corner Street. Le coin de la rue. La maison est carrée en briques rouges, elles sont toutes comme ça là-bas. On a installé le studio d'enregistrement au sous-sol. Le jardin me manquera, mais Maria m'enverra des photos. J'espère qu'ils s'occupent bien de toi dans ton école. Viens me voir dès que tu peux, on s'amusera à reconnaitre les oiseaux en fermant les yeux. Et puis j'ai essayé le violon, mais toute seule je n'y arrive pas vraiment.

Je t'embrasse.

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01 mars 2009

Les mots ne sont beaux que par leur mystère

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Tsaong tsaong tsaong


Le crissement des insectes alourdit l'atmosphère
Du paysage

Les feuilles de canne à sucre découpent les nuages noirs

I am a warrior, I am a warrior, fighting for peace

La voiture roule, file, glisse
Le long de la grande sucrière de Saint Louis
A gauche

Hey fatty Boom Boom. HeyHey fatty Boom Boom

Et à droite, ça cogne. Ca valse
L'écume blanche de l'Océan indien

Le faux bruit de mouette

Raise your hands if you want to jump eh! Shake your body if you want to dance

Et l'odeur de sucre et le parfum de sel
De chaque côté

Tsaong Tasong tasong...

Pique le fin fond de nos cinq pensées
Qui se sont paumées,
Dans ce tableau faux réel

She don't wanna give me freedom, she don't wanna give me love

Comme un long rituel de beauté
Qui nous aide pour grandir

Ou une parenthèse gribouillée
Qui vaguement me fera revenir

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11 janvier 2009

Winter songs

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Dans ces jardins

Le bleu du monde te sourit et te dit de tomber

 

Dans ces jardins,

Il y a un siège vert. Enfin on a cru qu'il était vert

Loin de l'école, de tes talons et de ton bureau

Tu dois grimper, t'asseoir en haut

 

Dans le fauteuil tu peux tourner.

Enfin tu crois que ça tourne

C'est un fauteuil de ville.

Londres te donnera à boire, de la bière blanche

Tu dormiras sous un drapeau

 

Si ça tourne jusqu'à Bruxelles,

Alors ça sentira bon

Basilic et recettes africaines

 

Attention à Montmarte, le cliché

tu peux peindre au milieu des arbres

et entendre les gitanes chanter



A côté de moi, un garçon chante et prie. Pour la Palestine.

Sa vieille guitare à la main, il pleure. Et on sent la colère.

A côté de moi,il compte les morts, me parle de "ses frères".

Le soir, qui vont dormir, sans savoir si ils se réveilleront.



Alors, pour ne plus y penser,

Allumer un pétard, deux, trois

Prendre un bout de papier

Gribouiller des mots, qui n'ont aucun sens.

Comme ça, vous savez doù ils viennent.


Portsmouth, 7/01/09



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16 août 2008

Epistolaire



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Comme toujours, rêve éveillé

Je voulais juste te le raconter, tu sais. Les poutres comme on aime. Je ne sais plus comment tu t'appelais la dernière fois. Tula, du livre, ou Amélie. Johanna aussi, Lisa. Leîla et sa robe rose et blanche, et son visage de comptine. Lucie! Bien sûr. Elle aussi, boucles d'or.

Enfin.Je voulais juste te raconter cet endroit. C'est blanc crème. Avec les vieilles poutres et le parquet qui craque. On est sous les toits, mais c'est quand même grand avec une cheminée. J'aimerais bien la peindre, tu m'aideras à choisir la couleur. De toute façon, on ne peut plus s'en servir.
[...]

J'ai mis un paravent pas loin. En trompe l'oeil avec des photos dedans. Plutôt des images.Il y a le tableau qui me rappelle Venise. Ou Bécassine. Tu sais, la nuit étoilée, la rue, la terrasse d'un café, les lampadaires, les chapeaux. Orange et bleu. J'ai mis beaucoup de plantes. En bas, il y a un salon de thé rose, Le Safari. Je crois que c'est un mot kenyan qui veut dire voyage.

Il y a beaucoup de livres. Je ne les ai pas tous lus. Je change souvent tout de place. Après je prend tout en photo. Je commence à ne plus savoir quoi faire. [...]
Une fois qu'on a bien soigné le cadre de sa vie, comme une obsession, il faut remplir. Comme quand on coloriait entre les lignes des marches du perron, à la craie.

J'ai hâte que tu viennes. Tu verras les gens et leur accent pimenté. Tu sentiras le parfum du canfre que j'ai fait pousser près de la fenêtre. J'éspère que tu m'apprendras le violon.

J'ai beaucoup marché aujourd'hui, juste pour ça. Je t'ai acheté un beau cahier.

                            Je t'embrasse, à bientôt ma douce.   


Poitiers, 15 août 2008, rebord de la jolie boutique de mariage

Image: Vincent Van Gogh, Terrasse de café la nuit

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22 juin 2008

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Sans titre

Haletante, elle s'allonge sur le côté. Les yeux grands ouverts. Le coeur qui bat.

" - Tu veux de l'eau?
- Jveubienmerci "

Elle lui tend la bouteille et observe du coin de l'oeil son visage dur et attachant. Puis elle se force à regarder ailleurs. Il n'existe rien de pire que l'indifférence.
Elle enfile un pull, se lève et marche vers la fenêtre, très lentement. Elle l'ouvre, ferme les yeux et se laisse caresser par l'air frais de la nuit, elle emplit ses narines de l'odeur des plantes du parc, plus loin dans la rue.
Elle ouvre les yeux et commence à chanter, fort et lentement.

" Lune, qui là-haut s'allume, sur , les toits de Paris..."

Elle continue de chanter ainsi, sans s'arêter, elle se saoule avec sa propre voix, cassée à force de jouir, mais pourtant belle et vivante.
Elle est seule devant la lune, seule dans cette pièce, dans cette maison, dans la ville.
Elle laisse tout son corps et son âme profiter de cet instant, ici et maintenant.
Pourtant elle sent une présence l'empêcher d'aller au plus profond de la plénitude. Elle se retourne et constate le corps d'homme allongé sous la couette.

Ce n'est pas juste.

Elle se déshabille encore, et se jette sur le lit. Pour qui se prend il. Je ne te laisse pas le choix, se dit elle. Elle grimpe sur lui, attrape son sexe et l'enfonce en elle durement, d'un seul coup. Elle fixe le mur en face d'elle et imagine qu'elle y grave ses propres mots. Le sexe n'est rien qu'un rapport de force et une bataille et un corps à corps et un purgatoire et une vengeance et un lâcher prise artificiel transformé en possession d'un être, la preuve, tu ne fais rien, tu bouges à peine, te laisse faire, pauvre idiot, pense-t-elle, tu es un objet pour me satisfaire, pour m'aider à avoir ce rapport masturbatoire avec moi-même.
Après avoir joui, les muscles crispés, des larmes plein les yeux, elle s'enroule dans la couette et se lève à nouveau, en le laissant planté là, à poil dans le froid dans ce lit immense.
Elle cherche ses affaires, roule un joint, l'allume et observe la ville.

Elle n'a aucun mal à voir autre chose que ce qui se déroule dans les rues en bas.
Les pyramides d'Egypte. Le sable brûlant.
Vienne au 18ème siècle. Opéra. Belles robes pourpres.
Londres sous la neige. Air glacial. Odeur de sapin. Douze coups de minuits.
Marseille en été. Le vent qui purifie. Des bruits de cigales. Une plage et un cerf volant vert qui zig-zague entre les nuages.

Au fur et à mesure que la fumée de l'herbe emplit ses poumons les images se dessinent dans sa tête. Ou plutôt devant elle, à la place de la ville. De plus en plus nettement.
Elle sait qu'il la regarde en silence. Peut être qu'il envie sa capacité à rêver éveillée. Sûrement pas.

Poitiers, automne 2007

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Laure est un ange.

C'est ce qu'elle imagine, la nuit, quand elle va s'asseoir sur le toit de l'immeuble. A Paris, personne ne dort jamais complètement. Au loin elle les voit, ces gens de la nuit, les SDF qui ont froid, les lumières blanches et rouges des automobilistes, les jeunes fêtards, les putes, les amoureux. Laure aime tous ces gens là. Elle veille sur eux, les observe, envoie son amour dans chaque recoin de leur être. Parce que Laure en est pleine, d'amour. C'est un être précieux, Laure. Comme l'or, Laure doit signifier richesse et protection. C'est comme ça, que, la nuit, quand la lune éclaire Paris, elle s'asseoit calmement sur le toit de son grand immeuble rue des Minimes, et la vie des autres lui appartient quelques instants.

Laure est un ange.

Cognac, jardin public, été 2007

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