03 novembre 2009
Retrouvailles

Une note palpable de Prévert dans mes mots ce soir.
Parce que j'ai redécouvert il y a peu sa simplicité, et la belle humilité de sa poésie.
Ce n'est pas pour les oiseaux
Pas pour le soleil pas pour les îles
Ni pour le vent la mer et leurs rengaines brouillées
Ce n'est pas pour les couleurs de tes tableaux
La violence de ton regard
Ni pour tes mains pleines de promesses avides
Pas pour l'Automne des bords de Loire
Ni pour les murs jaunis des maisons de Venise
Ou ta façon de faire semblant de ne pas m'aimer
Ce n'est pour rien de tout cela
Que j'écris.
Nantes, promenade pluvieuse quartier Graslin, Novembre 2009
01 mars 2009
Les mots ne sont beaux que par leur mystère
Tsaong tsaong tsaong
Le crissement des insectes alourdit l'atmosphère
Du paysage
Les feuilles de canne à sucre découpent les nuages noirs
I am a warrior, I am a warrior, fighting for peace
La voiture roule, file, glisse
Le long de la grande sucrière de Saint Louis
A gauche
Hey fatty Boom Boom. HeyHey fatty Boom Boom
Et à droite, ça cogne. Ca valse
L'écume blanche de l'Océan indien
Le faux bruit de mouette
Raise your hands if you want to jump eh! Shake your body if you want to dance
Et l'odeur de sucre et le parfum de sel
De chaque côté
Tsaong Tasong tasong...
Pique le fin fond de nos cinq pensées
Qui se sont paumées,
Dans ce tableau faux réel
She don't wanna give me freedom, she don't wanna give me love
Comme un long rituel de beauté
Qui nous aide pour grandir
Ou une parenthèse gribouillée
Qui vaguement me fera revenir
11 janvier 2009
Winter songs
Dans ces jardins
Le bleu du monde te sourit et te dit de tomber
Dans ces jardins,
Il y a un siège vert. Enfin on a cru qu'il était vert
Loin de l'école, de tes talons et de ton bureau
Tu dois grimper, t'asseoir en haut
Dans
le fauteuil tu peux tourner.
Enfin tu crois que ça tourne
C'est un fauteuil de ville.
Londres te donnera à boire, de la bière blanche
Tu dormiras sous un drapeau
Si ça tourne jusqu'à Bruxelles,
Alors ça sentira bon
Basilic et recettes africaines
Attention à Montmarte, le cliché
tu peux peindre au milieu des arbres
et entendre les gitanes chanter
A côté de moi, un garçon chante et prie. Pour la Palestine.
Sa vieille guitare à la main, il pleure. Et on sent la colère.
A côté de moi,il compte les morts, me parle de "ses frères".
Le soir, qui vont dormir, sans savoir si ils se réveilleront.
Alors, pour ne plus y penser,
Allumer un pétard, deux, trois
Prendre un bout de papier
Gribouiller des mots, qui n'ont aucun sens.
Comme ça, vous savez doù ils viennent.
Portsmouth, 7/01/09
22 juin 2008
-1-
Sans titre
Haletante, elle s'allonge sur le côté. Les yeux grands ouverts. Le coeur qui bat.
" - Tu veux de l'eau?
- Jveubienmerci "
Elle lui tend la bouteille et observe du coin de l'oeil son visage dur et attachant. Puis elle se force à regarder ailleurs. Il n'existe rien de pire que l'indifférence.
Elle enfile un pull, se lève et marche vers la fenêtre, très lentement. Elle l'ouvre, ferme les yeux et se laisse caresser par l'air frais de la nuit, elle emplit ses narines de l'odeur des plantes du parc, plus loin dans la rue.
Elle ouvre les yeux et commence à chanter, fort et lentement.
" Lune, qui là-haut s'allume, sur , les toits de Paris..."
Elle continue de chanter ainsi, sans s'arêter, elle se saoule avec sa propre voix, cassée à force de jouir, mais pourtant belle et vivante.
Elle est seule devant la lune, seule dans cette pièce, dans cette maison, dans la ville.
Elle laisse tout son corps et son âme profiter de cet instant, ici et maintenant.
Pourtant elle sent une présence l'empêcher d'aller au plus profond de la plénitude. Elle se retourne et constate le corps d'homme allongé sous la couette.
Ce n'est pas juste.
Elle se déshabille encore, et se jette sur le lit. Pour qui se prend il. Je ne te laisse pas le choix, se dit elle. Elle grimpe sur lui, attrape son sexe et l'enfonce en elle durement, d'un seul coup. Elle fixe le mur en face d'elle et imagine qu'elle y grave ses propres mots. Le sexe n'est rien qu'un rapport de force et une bataille et un corps à corps et un purgatoire et une vengeance et un lâcher prise artificiel transformé en possession d'un être, la preuve, tu ne fais rien, tu bouges à peine, te laisse faire, pauvre idiot, pense-t-elle, tu es un objet pour me satisfaire, pour m'aider à avoir ce rapport masturbatoire avec moi-même.
Après avoir joui, les muscles crispés, des larmes plein les yeux, elle s'enroule dans la couette et se lève à nouveau, en le laissant planté là, à poil dans le froid dans ce lit immense.
Elle cherche ses affaires, roule un joint, l'allume et observe la ville.
Elle n'a aucun mal à voir autre chose que ce qui se déroule dans les rues en bas.
Les pyramides d'Egypte. Le sable brûlant.
Vienne au 18ème siècle. Opéra. Belles robes pourpres.
Londres sous la neige. Air glacial. Odeur de sapin. Douze coups de minuits.
Marseille en été. Le vent qui purifie. Des bruits de cigales. Une plage et un cerf volant vert qui zig-zague entre les nuages.
Au fur et à mesure que la fumée de l'herbe emplit ses poumons les images se dessinent dans sa tête. Ou plutôt devant elle, à la place de la ville. De plus en plus nettement.
Elle sait qu'il la regarde en silence. Peut être qu'il envie sa capacité à rêver éveillée. Sûrement pas.
Poitiers, automne 2007
-5-
Sans titre
Moi. Et seulement elle
Et je m'envole
Poursuivez moi. Essayez pour voir.
Une reine au dessus du soleil qui la fait jouir
Comme si elle n'avait besoin
Poursuivez moi, je sais me fondre
Comme une reine
Avec le soleil, pendant la nuit
Fleurs rouges, forêts fortes
Poursuivants vaincus
Elle, et seulement moi
Qui ne suis
Que lumière, joie
Et rires
Bonté et reflets
D'elle. Comme un astre, le jour
Le monde est une unité
Je suis deux
Reine. Le monde peut toujours essayer
Qui comprend?
Pas même elle.
Poitiers, laverie automatique d'une cité U, 11 Décembre 2006





